En force en doute

1983-1987, date inconnue

Tout dort son saoul Et mon cœur en furie Déglutit ses humeurs D'être en très haute affection Pour moi la vie s'arrête Et vous, frères patients,

Souffrez Et murmurez au ciel l'ennui De nous mortels.

Shit. La merde du tréfonds Du ventre de la terre Se répand sur nos têtes. Amour. Et vient de sous l’haleine Sentir nauséabond. Merde. Comme la vie s'arrête Et feint de croître le gazon Tout m’est trucage odieux Et je meurs en silence Du profit de mes ans.

Doucement le sommeil Me ravit la folie Je tremble, meurs et brame.

Je n'ai plus de souffle.

Date inconnue

Mon cœur égratigné

Lange sa paresse

Et refait le monde

A leur image.

Nuit de poussière

Lune de fer

Hâte mosphère

Et Shanghai.

La froidure du soir

Transperce les enfants

Aux fesses maladives

Aux étranges pupilles.

Comme le vent tardait

Nos habits

Et nos automobiles

Le siècle de demain

Faisait à ceux d’hier

Une profonde révérence

Pleine de dépit

Et de larmes

Pleine de bonheur

Et de foi.

Ils voyaient comme en un souffle

Rayonner la tôle vibrante.

Date inconnue

Pays de l'ange Et contrée du malin. Mélange tonnant Du vert et de la faim Amicales rememberances À vos prieurs de bonne espérance Et croyez à la sincérité Du juste la de mes satisfactions. Horreur, je dors et m’égare Et hagard Et las Sur Moscou Dans haut Je souris Et vis. Horreur, je pleurniche et sentencieusement Déroule des méandres de ciboulot Qui se lovaient voluptueusement Dans des humeurs trop propices au Dérèglement.

Horreur, physiologique et véridique.

Trop physiovéridocéphale.

Shiva et Parvati Veillent dans leur aura de quincaillerie Au repos de mon frère l’oiseau Au ventre ronronnant

Ils éclairent leur cœur teuton D'une douce lueur ambrée Et agissent sur les lèvres des femmes Comme l'amour trop ardent, la douleur. Parvati et Shiva doucement De concert de fraîcheur et de foi Boulent sur nos corps affaissés La canonnade chargée de leurs talismans.

Date inconnue

Me reviennent toujours en un songe posthume L'étrange mausolée de lumière et d'argent Et la femme accroupie dans son cœur trop ardent,

Un sourire, une main, et toujours la fragrance De nuits chaudes et lasses passées dans le silence. L'humanité profonde coulait à flots, ma joie, Or j'étais étranger dans un havre de paix. Dans quelque abîme obscur ils avaient remisé Les craintes douloureuses d'un accident du ciel. Ils m'ont fait en un jour le cœur fondant est lourd.

Date inconnue

Gouffre, tréfonds, ornières de mes nuits blanches Craignez de me lâcher là. Las, seul, Libres chère, gouttons la pleutre revanche De nos corps allongés sur le linceul Enfin unis, enfin libres, seuls enfin Capturons la fleur vorace des ans Où l'emportent désormais sur la faim La satiété et l'accomplissement. Demain sera comme aujourd'hui hier D'Afrique ou d'Italie nous deux réunis Lancerons nos traits contre la bière Des humains laborieux.

Date inconnue

Mon cœur, écoute ma douleur Sois sourd à leurs sourires Et pardonne l'imbécillité.

Qu'il vienne et que je sois prêt Que dans son habit noir il dise la dernière messe Emportez moi. Ouvrez-moi les portes de l'enfer. Et qu'enfin triomphe le paradis des morts. Piano de fibrilles nerveuses Et saxo du gros intestin Je ne sache pas de musique plus douce Que la vôtre. Sonnez, claironnez, tambourinez Et faites entendre à l'homme qu'il est bête Et que je l'aime. Là-bas du moins ce sera moi, mon cœur, mon corps. Point de fausses mesures et point de mandragore Fleur terrestre à demi au-delà,

Traitresse, cruelle, tentatrice et pêcheuse.

Narguez-moi désormais mais vous ne pourrez rien.

Date inconnue

Raison

Mon cœur fait le beau Chutant soudainement il exhale un grand cri Et l’âme lui suggère qu’il est de ces malins Qui se rompent et se meurent Lorsque pleure leur fièvre.

Soyez je vous prie, scaphandre vespéral,

Le garde-fou de mes implosions Et souffrez s'il vous plaît Que mon crâne ait son dû et que pâturent mes constellations. Commissaire-priseur des vastes aires cérébelleuses, Usez du veto contre les germes malins Qui rongent et sourdent et glissent et visqueux Dans leur chute, m'entraînent au gouffre illimité Et me noient dans mes Cyclades. Soyez le contrepoint du plaidoyer funeste De ma mélancolie et de mes amours folles Et souples, diplomates, découragez les amants de mon âme Et les Sibylles de mes reins enorgueillis.

Date inconnue

Le flot qui m'engloutit véhicule la vie C'est miracle, il guérit, je surnage et survis.

Emporté, surfondu, je dérive et préfère Ricaner et renvoyer à quai tous les navires. On m'aime de langoureuses voluptés frères Et j'aime si l’on veut que je veuille ne pas rire.

Au-delà de mes murs murmurent les voix blanches Des capitaines de vaisseaux, de mes aïeux Au long couteaux. Et dans cette hiver ténébreux Je m'enlise mais j'emporte en grande diligence Des lois de vie légère et chauve, des amours ivres Pour mes folies, pour mes bergères et mes pâtres Pour un hiver sans neige, pour un matin sans rire Pour vous et moi, le monde et pour vous mes bellâtres.

Le dormeur à côté ne sait qu'il est en vie Son corps ignore qu’au-dedans l’âme asservie Croque sa chère ignoble véhémentement Et hurle son refus d'être cloîtrée et veuve Mariez les amours du couple des dormants Et, cruelle magicienne, grande bécasse veule

Horlogère des cœurs, des cycles de catin, Voyez qu'on vous appelle et croyez, je vous prie, Quand je rêve à nos rêves, adoloré, contrit En l'éternel regret des cœurs de nos matins ; Contre l'oreiller de nos nuits adultes, rêvez Que l'aube nous surprendra en des lieux reclus Enlacés, les mains nues, et nus tous nos souhaits D'absolue quiétude et de chagrin vaincu.

Date inconnue

Quand trop blanche La feuille se posera J'aurai la peine de croire Que je l'abandonnai.

Ah, la feuille du soir Sur les nuages du matin Entre deux lits de chronomètre À l'heure où je ne sais plus quand Après Moscou dans l'espace Devant Frank fort et bêta Quand ?

L’Europe boude la lumière d’en haut Et doit réchauffer ses cœurs au Munster Je ne la connais plus Elle m'échappe à l'instant Et m’emplira tout entier ce soir Quand ?

L’Europe a mis ses vêtements De cathédrales et de pinard Elle grelotte peut-être Mais mon corps, lui a chaud, D'une chaleur moite et chatoyante La chaleur d'un peuple entier Qui sourit dans ma mémoire Et pleure au profond de son cœur. On sourit aussi bien.

Namasté !

Paris, 22 septembre 1984

Qu'il fait lourd entendre au fond de mes tréfonds Le lancinant appel des volontés sournoises. Dans l’éther transpirant l’on sue d’amères amours Et la rime au salon murmure à peine audible Qu'il fait lourd en mon âme et léger au-dehors Que le cri du vieillard qu'on égorge au matin Réveille le malin et nourrit son étoile Que l'enfant qui respire très éternellement Crèvera s’il y pense l'abcès des longs tourments Que la femme allongée, exténuée pleurante Resplendit au-dedans et ricane d'elle-même Et que Rimbaud se tord dans l'Hadès trop profond D'expier en silence les lourdeur de ses vies.

Dans ces matins obscurs où la frénésie lourde Des veilles insolites et des insomnies troubles Le cœur en vain, coureur, battant perpétuel Semble se rebeller d'être toujours aveugle Et dire aux trop humains qu'il a le cœur trop lourd Et dire au trop humains que le cœur devient sourd Galopant au-dedans, il exhale au dehors L’odeur navrante et laide du dedans des dédains.

Tagada digue digue Tagada dingue dingue.

Le galop s'arrête.

Je me meurs.

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