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Quête arctique - Post 12/12 : Coche finale




Dans le train de retour entre Churchill et Winnipeg, je me surprends à converser autour de soupes instantanées, suis serein, mon rêve accompli : vingt-cinq ans que j’espérais apercevoir l’ours polaire, je l’ai coché comme un rapace de mon enfance. Ce n’est pourtant pas la fin du voyage. Quasi-miraculeux, trônant superbement au milieu d’un champ de céréales de la grande prairie, un grand canidé observe le passage de notre train, je coche à son tour le loup du Manitoba ! La nature n’est donc pas toujours maitrisée ici, la beauté de ce pays parle à mon cœur. C’est notable car il m’arrive aussi de rechercher l’émotion procurée par la laideur. Mes enfants en savent quelque chose que j’ai emmenés à Mourmansk, dépotoir arctique de trois-cent-mille habitants, à la découverte de la vie polaire dans l’ancien bloc soviétique. Les deux mondes se rejoindront-ils ? À Grise Fiord sur l’île d’Ellesmere où j’ai séjourné l’an dernier vivaient il y a quelques millions d’années alligators, tortues et chameaux. À mille-cinq-cents kilomètres du Pôle Nord ! Conséquence directe, l’île est riche en fossiles et en charbon et la société Canada Coal a tenté - sans succès - d’y lancer un projet minier d’extraction. Grise Fiord sera-t-il un jour le Mourmansk du Nunavut ? Un port de chargement du charbon pour son acheminement par le passage du Nord-Ouest ? Une ville industrielle avec des docks croulant sous des pyramides de containers, de gigantesques chariots élévateurs manœuvrant jour et nuit, autrement dit jour puis nuit, d’immenses hangars de stockage, la montagne éventrée pour agrandir la piste d’atterrissage, des hôtels, des feux tricolores, surtout, l’abolition du silence arctique ? Fasse le ciel que les Inuit ne vendent jamais leur Nunavut. L’excentrique Donald a bien suggéré d’acquérir le Groenland pour un montant inconnu, il était en cela un récidiviste : après la seconde guerre mondiale, son prédécesseur Harry Truman en avait proposé cent millions de dollars au gouvernement danois… Mais il me faut descendre sur terre et de mon train, Winnipeg est là avec trois heures de retard, je hèle un taxi électrique pour me déposer à mon hôtel.


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