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Quête arctique - Post 5/12 : Le grand blanc et la techno


La Baie d’Hudson commence tout juste à se prendre en glace. Le long de la côte, notre 4x4 roule à une allure d’escargot. Soudain, dans le talkie-walkie : « Bear in the golf balls !» Effervescence à bord, le pick-up se mue en dragster, direction la station aux deux radars sphériques abandonnée par l’armée américaine. Les tour-operators se sont donné le mot, quinze 4x4 ont convergé. Il est là, le roi des plantigrades consent à notre désir. Son museau allongé hume l’air glacé, ses yeux en amande ne disent nul étonnement de nous apercevoir. Docilement, ses formes familières s’extraient de l’embrasure de la planque, l’ours en majesté fait quelques pas à l’extérieur, observe le jeu des photographes, s’éloigne tranquillement. À peine a-t-il disparu derrière le bâtiment, on s’esclaffe, se congratule, s’interroge, le guide le jure : jamais l’ours ne vient par ici, seules des déjections sont parfois retrouvées dans le bâtiment... Anticipant avec nos véhicules son cheminement le long de la côte, nous passerons la matinée avec lui, réintégrant en trombe les voitures quand il entrera dans la zone de sécurité, le mitraillant avec nos IPhones de l’intérieur avant qu’il ne s’enfuie effrayé par les vrombissements des moteurs déclenchés par les chauffeurs : ne jamais habituer l’ours à la proximité avec l’homme. Cet individu a faim, ne pousserait-il pas jusqu’à la ville pour chaparder quelque déchet laissé par les humains ? Il risquerait la prison (la prison pour ours bien sûr, capacité maximale vingt-huit congénères, effectifs actuels huit), et en prison rien à manger. Au retour, contenté mais soupçonneux, je narrerai une journée d’émotion à observer le jeu des baleines au large de Cape Cod : pour notre plus grand bonheur le capitaine du boutre à touristes les avait facilement localisées, et pour cause, chacune était taguée avec un GPS. « Ici aussi, s’écrie le guide dans un confondant élan de transparence, tous les ours sont tagués ! » Mais contrairement à Cape Cod, les conservateurs de la vie sauvage ne divulguent les données GPS qu’au bout de vingt jours ! Ouf, notre ballet avec l’ours avait donc quelque chose à voir avec l’aventure.

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